À l'assaut des vilains terroristes

Assaut sur Londres - Étoiles : ***

Isabelle Laramée [email protected] Publié le 12 mars 2016

Le monde est en crise. Cinq de ses hauts dirigeants, incluant ceux du Canada, du Japon, de l'Allemagne, la France et l'Italie sont morts dans un immense attentat perpétré à Londres.

Simple dommage collatéral puisque l'homme le plus important du monde, le président américain selon Hollywood, est en danger. Rien ne sera ménagé, pas même les victimes, pour ramener à la Maison-Blanche l'emblème patriotique suprême.

Le récit d'Assaut sur Londres prend ses racines deux ans auparavant, au nord du Pakistan, par une belle journée ensoleillée durant laquelle l'un des plus grands trafiquants d'armes s'apprête à marier sa fille. Une bombe commandée par les Américains tombe du ciel et fait table rase sur les invités.

Aamir Barkawi (Alon Moni Aboutboul) en ressort vivant avec, à la gorge, une immense soif de vengeance. Il établit alors un plan avec l'aide d'une milice terroriste pour empoisonner le premier ministre britannique. Les funérailles nationales auxquelles assisteront les dirigeants du monde entier s'avèrent être le plus grand guet-apens de l'histoire du cinéma.

Au rythme des bombes et des grenades, les grands symboles de la capitale britannique s'écroulent, de même que les figures politiques. Le chaos vient de frapper Londres.

Sauvons le président

L'intrigue de ce film d'action de 99 minutes tourne autour d'une seule phrase: il faut sauver le président américain Benjamin Asher (Aaron Eckhart) qui est la cible des terroristes.

En véritable bouclier humain, le garde du corps présidentiel, Mike Banning (Gerald Butler), devenu chef des services secrets après avoir sauvé le même président dans Assaut à la Maison-Blanche multipliera les balles et les cascades pour sauver la vie de son protégé.

Gerald Butler incarne ainsi un hybride entre James Bond et Le Transporteur qui alignera les exploits en veston cravate. Entre les scènes d'action s'insèrent quelques pauses de dialogues d'amitié des deux protagonistes écourtées par le sifflement des balles.

Action

Assaut sur Londres se positionne dans la longue lignée des films d'action à grand déploiement. Le rythme soutenu des cascades et des scènes est une réalisation de Babak Najafi (L'argent facile 2).

Impossible de ne pas remarquer le dynamisme des prises et la qualité des effets spéciaux, notamment lors de la destruction des bâtiments comme l'Abbaye de Westminster en ouverture et lors de la scène finale.

Reste que l'action et l'invraisemblance des prouesses de Banning, qui se pose en héros contre des dizaines de terroristes, fait sourire.

Patriotisme

Était-il nécessaire de tabler davantage sur la peur collective entourant les divers attentats des deniers années? Le réel n'est pas suffisant, il faut croire, puisqu'ici on en rajoute une couche.

La destruction des symboles, l'infiltration des terroristes au sein des corps policiers londoniens et le désir de tuer le président américain ne font qu'épousseter le patriotisme occidental. Sauver le président, c'est sauver la démocratie.

L'esprit manichéen entre les bons (Américains) et les mauvais (terroristes) comporte un discours souligné en gras et écrit en majuscules. Rien pour favoriser la paix dans le monde!

Monétiser la peur

Ce n'est pas nouveau, l'industrie du cinéma a depuis toujours mis en scène la peur des gens. On n'a qu'à penser aux nombreux récits des cowboys et des Indiens, de la Deuxième Guerre mondiale et de son Pearl Harbor, et tellement d'autres réalités géopolitiques qui ont fait naître parmi eux des classiques.

Depuis les années 2000, Hollywood cumule son lot de récits catastrophes entourant des actes terroristes. En pleine campagne présidentielle américaine, la peur de l'autre et l'incompréhension collective sont utilisées comme moyen de propagande et de désinformation au profit de quelques votes.

Assaut sur Londres ne fait pas exception et contribue à alimenter cette peur collective. Loin de préconiser le déni, il est peut-être temps de se questionner à savoir comment le cinéma peut contribuer à la cause sans alimenter davantage les craintes déjà existantes.

En manchette

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À l'assaut des vilains terroristes

Assaut sur Londres - Étoiles : ***

Isabelle Laramée [email protected] Publié le 12 mars 2016

Le monde est en crise. Cinq de ses hauts dirigeants, incluant ceux du Canada, du Japon, de l'Allemagne, la France et l'Italie sont morts dans un immense attentat perpétré à Londres.

Simple dommage collatéral puisque l'homme le plus important du monde, le président américain selon Hollywood, est en danger. Rien ne sera ménagé, pas même les victimes, pour ramener à la Maison-Blanche l'emblème patriotique suprême.

Le récit d'Assaut sur Londres prend ses racines deux ans auparavant, au nord du Pakistan, par une belle journée ensoleillée durant laquelle l'un des plus grands trafiquants d'armes s'apprête à marier sa fille. Une bombe commandée par les Américains tombe du ciel et fait table rase sur les invités.

Aamir Barkawi (Alon Moni Aboutboul) en ressort vivant avec, à la gorge, une immense soif de vengeance. Il établit alors un plan avec l'aide d'une milice terroriste pour empoisonner le premier ministre britannique. Les funérailles nationales auxquelles assisteront les dirigeants du monde entier s'avèrent être le plus grand guet-apens de l'histoire du cinéma.

Au rythme des bombes et des grenades, les grands symboles de la capitale britannique s'écroulent, de même que les figures politiques. Le chaos vient de frapper Londres.

Sauvons le président

L'intrigue de ce film d'action de 99 minutes tourne autour d'une seule phrase: il faut sauver le président américain Benjamin Asher (Aaron Eckhart) qui est la cible des terroristes.

En véritable bouclier humain, le garde du corps présidentiel, Mike Banning (Gerald Butler), devenu chef des services secrets après avoir sauvé le même président dans Assaut à la Maison-Blanche multipliera les balles et les cascades pour sauver la vie de son protégé.

Gerald Butler incarne ainsi un hybride entre James Bond et Le Transporteur qui alignera les exploits en veston cravate. Entre les scènes d'action s'insèrent quelques pauses de dialogues d'amitié des deux protagonistes écourtées par le sifflement des balles.

Action

Assaut sur Londres se positionne dans la longue lignée des films d'action à grand déploiement. Le rythme soutenu des cascades et des scènes est une réalisation de Babak Najafi (L'argent facile 2).

Impossible de ne pas remarquer le dynamisme des prises et la qualité des effets spéciaux, notamment lors de la destruction des bâtiments comme l'Abbaye de Westminster en ouverture et lors de la scène finale.

Reste que l'action et l'invraisemblance des prouesses de Banning, qui se pose en héros contre des dizaines de terroristes, fait sourire.

Patriotisme

Était-il nécessaire de tabler davantage sur la peur collective entourant les divers attentats des deniers années? Le réel n'est pas suffisant, il faut croire, puisqu'ici on en rajoute une couche.

La destruction des symboles, l'infiltration des terroristes au sein des corps policiers londoniens et le désir de tuer le président américain ne font qu'épousseter le patriotisme occidental. Sauver le président, c'est sauver la démocratie.

L'esprit manichéen entre les bons (Américains) et les mauvais (terroristes) comporte un discours souligné en gras et écrit en majuscules. Rien pour favoriser la paix dans le monde!

Monétiser la peur

Ce n'est pas nouveau, l'industrie du cinéma a depuis toujours mis en scène la peur des gens. On n'a qu'à penser aux nombreux récits des cowboys et des Indiens, de la Deuxième Guerre mondiale et de son Pearl Harbor, et tellement d'autres réalités géopolitiques qui ont fait naître parmi eux des classiques.

Depuis les années 2000, Hollywood cumule son lot de récits catastrophes entourant des actes terroristes. En pleine campagne présidentielle américaine, la peur de l'autre et l'incompréhension collective sont utilisées comme moyen de propagande et de désinformation au profit de quelques votes.

Assaut sur Londres ne fait pas exception et contribue à alimenter cette peur collective. Loin de préconiser le déni, il est peut-être temps de se questionner à savoir comment le cinéma peut contribuer à la cause sans alimenter davantage les craintes déjà existantes.

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